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Le grand ado, portrait BD de Gautier Langevin

Portraits BD  >  12 mai 2015

Gautier Langevin est un auteur et scénariste né à Montréal en 1984. Il a créé Front Froid avec Olivier Carpentier, un organisme qui fait la promotion de la bande dessinée au Québec. Depuis, il collabore régulièrement à plusieurs collectifs BD (Le Front, TRIP, Contes et légendes du Québec, Je me souviendrai) en plus d’avoir publié deux ouvrages aux éditions de Ta Mère et scénarisé la BD à succès Far Out, finaliste aux Shuster Awards 2014 et aux Bédéis Causa 2015. Passionné par les littératures de l’imaginaire et le mélange des genres, son univers englobe autant la science-fiction que le fantastique ou le western.

À titre de créateur, quelle importance un évènement comme le FBDM a-t-il pour toi? 

Les festivals et les conventions sont des évènements qui sont de plus en plus nécessaires pour la survie de nos œuvres, voire de notre art. Une partie de la population ne se rend plus (ou très peu) en librairie pour bouquiner, et ces grands rassemblement avec un pouvoir d’attraction contagieux sont une occasion en or pour les artistes de rencontrer le public. Les critiques de la part des chroniqueurs sont toujours les bienvenues et très appréciées, mais rien ne vaut les commentaires des lecteurs, jeunes et moins jeunes. Le lien qui a été tissé entre les lecteurs et les artistes par le biais d’Internet se voit renforcé par le phénomène du festival et de la convention. Les gens ont envie de poursuivre avec nous la discussion qu’ils ont entamée sur le web. La série Far Out, d’Olivier Carpentier et moi-même, est sortie depuis seulement sept mois et déjà, nous recevons beaucoup de dessins de la part des lecteurs. Je pense que c’est en très grande partie dû à l’évènementiel.

Quelle BD es-tu en train de lire présentement? 

La série Last Man, de Balak, Sanlaville et Vivès. En plus d’être techniquement une épreuve de force considérable (les créateurs ont déjà aligné six tomes en moins de deux ans), ce «manga à la française» nous mène habituellement d’un rebondissement à l’autre à la manière des grandes séries d’aventure. Le tout avec un humour à la limite du cabotinage qui ne dessert jamais le propos.

Quelle BD t’a littéralement donné la piqure? Pourquoi? 

«Littéralement», je ne sais pas. C’est une gradation de découvertes qui m’a fait prendre conscience de la force narrative du médium et de la force d’attraction du format sériel. Je pense que je suis tombé en amour avec la liberté que procure la BD grâce à Théogonie, de Dominique Desbiens et Gilles Laporte. J’ai développé une dépendance au format avec des BD comme Dragon Ball (eh oui), Donjon, Anita Bomba…

Quelle est la BD incontournable que tu conseilles à tout le monde? Pourquoi? 

Je pense que Watchmen, d’Alan Moore, est  une bonne introduction à la puissance et à la diversité de la narration en bande dessinée. À elle seule, elle est une présentation assez complète de tout ce qui peut être fait avec ce médium. 

De quoi t’inspires-tu pour créer tes univers BD? 

J’écoute le pré-ado s’ennuyant encore quelque part à la surface de mon lobe frontal.

Quelle BD représente selon toi un classique? Pourquoi?  

Selon moi, Transmetropolitan, de Warren Ellis et Darrick Robertson, est une oeuvre phare du post-cyberpunk qui est encore peu connue ici et qui devrait être considérée comme un classique. Elle représente très bien le mouvement altermondialiste qui a marqué ma génération. Lire cette BD, c’est comme une mise à jour de ras-le-bol; si vous avez envie de donner un coup de poing dans un mur parfois, lisez Transmetropolitan. Elle va «fesser» pour vous.